Keddache Manel, étudiante en 3e année en recherches opérationnelles, a été assassinée à coups de couteau dans l'enceinte de l'USTHB.
L'agresseur n'est autre qu'un étudiant de la même filière. “C'est son camarade de section qui est l'auteur de cet acte. Nous nous sommes rendus à son chevet à l'hôpital Zmirli, mais elle était déjà décédée”, a en effet précisé le conseiller du recteur chargé des organisations estudiantines.
Cette déclaration rejoint les témoignages de certains agents de sécurité, collègues de ceux qui ont pu maîtriser et désarmer l'agresseur : “Il était entre 9h30 et 10h, en face de l'amphithéâtre M lorsque des agents de sécurité ont entendu un cri effroyable. Accourus vers le lieu, ils ont alors trouvé l'étudiante, qui était encore consciente, étendue par terre et un étudiant qui la menaçait d'un couteau. Ce dernier a également blessé un autre étudiant.”
Cet agent de sécurité posté à l'un des nombreux accès de la plus grande université du pays rapporte également que ses collègues se sont emparés de chaises afin de pouvoir maîtriser l'étudiant et lui arracher le couteau.
Un autre agent déplore, quant à lui, l'absence du médecin de l'université au moment du drame. “Rendez-vous compte que ce sont les mêmes agents qui ont maîtrisé l'agresseur qui ont conduit la victime à l'hôpital de Zmirli dans l'ambulance de l'université, mais sans médecin ni infirmier.”
Pour d'autres, la victime, qui était encore en vie après l'agression, a perdu beaucoup trop de sang lors de son transfert à l'hôpital. Des enseignants ont décrit l'étudiant agresseur comme “dépressif”. “C'est la première fois qu'un tel drame survient à l'USTHB”, attestent pour leur part certains enseignants qui se disent être tous en deuil.
Les commentaires allaient bon train hier à l'université de Bab-Ezzouar, mais sans qu'aucun ne se risque à avancer les éventuelles raisons qui ont poussé cet étudiant, âgé de 23 ans, à commettre l'irréparable.
Les étudiants s'étaient rendus à leur université afin de passer les examens de l'année dernière, reportés en raison du mouvement de grève observé par les enseignants.
Selon le conseiller du recteur, la reprise des cours n'interviendra qu'à la mi-novembre. Réagissant à ce drame, le recteur de l'USTHB, Benali Benzeghou, a rendu public un communiqué dans lequel il présente ses condoléances à la famille de la victime.
L'état de l'étudiant blessé, Sekkal Mehdi, est sans gravité, poursuit le communiqué. Par ailleurs, le recteur de l'USTHB informe que l'agresseur a été remis aux services de police qui ont immédiatement ouvert une enquête.
En raison de ce drame, peut-on lire dans ce même document adressé à la presse, les examens programmés pour mercredi 6 septembre et jeudi 7 sont reportés à une date ultérieure.
SAMIR BENMALEK